MALI : Attaques contre des usines dans la région de Kayes
- Économie
- N’deye Marie DIABY
Dans la nuit du 10 au 11 janvier 2026, plusieurs sites industriels de la région de Kayes (ouest du Mali) ont été ciblés par des attaques coordonnées d’hommes armés. Ces événements illustrent une nouvelle étape dans la stratégie destructrice de groupes jihadistes visant non seulement des forces militaires mais aussi l’économie locale.
Au Mali, où l’insécurité s’est durablement installée depuis plusieurs années, une série d’attaques contre des installations industrielles a récemment secoué la région de Kayes. Dans la nuit de dimanche dernier, des hommes armés ont pris pour cibles trois unités industrielles stratégiques en profitant de la faible présence de forces de sécurité ainsi que du contexte de fragilité économique et sociale.
Selon des sources locales, 150 à 200 assaillants lourdement armés, arrivés à moto, ont lancé des attaques coordonnées contre des usines situées notamment le long de la Route nationale 22, dans le cercle de Bafoulabé. Parmi les sites visés figuraient des installations spécialisées dans la production de ciment, de chaux et d’enduits, provoquant d’importants dégâts matériels, incendies et paralysie des activités industrielles.
Les assaillants ont en outre enlevé plusieurs personnes, civils et employés, suscitant une vive inquiétude au sein des communautés locales et au-delà des frontières nationales. Cette tactique rappelle des épisodes similaires en juillet 2025, lorsque des employés étrangers avaient déjà été capturés lors d’une attaque sur une cimenterie locale.
Une stratégie d’attaque ciblant l’économie malienne
Ces attaques ne sont pas de simples actes isolés mais s’inscrivent dans une logique stratégique assumée par les groupes armés jihadistes, qui élargissent progressivement leur champ d’action pour toucher les piliers économiques du pays. En ciblant des usines, infrastructures économiques et axes de production, ces groupes cherchent à affaiblir l’économie locale, dissuader les investisseurs étrangers et perturber les chaînes d’approvisionnement essentielles pour le fonctionnement du pays.
Les conséquences pour la région de Kayes sont lourdes : perte de revenus, destruction d’activités productives et montée de la peur parmi les travailleurs et les populations environnantes. Ce climat d’insécurité, déjà prégnant, renforce les difficultés économiques et sociales dans une région pourtant stratégique pour les échanges commerciaux vers l’Afrique de l’Ouest.
Réactions et contexte sécuritaire
Pour l’heure, aucune revendication officielle de ces attaques n’a été publiée par un groupe précis, mais les autorités et observateurs estiment que les profils et modes opératoires correspondent aux actions menées par des factions affiliées à Al-Qaïda, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM).
Ces événements interviennent alors que la région de Kayes, comme d’autres zones du Mali, fait face à une insécurité persistante depuis des années. Des mesures telles que des couvre-feux et des opérations militaires ciblées ont été mises en place, mais elles peinent à enrayer la montée en puissance des groupes armés qui exploitent les faiblesses de l’État.
La crise sécuritaire ne cesse ainsi de s’aggraver, affectant non seulement la population civile mais aussi le tissu économique du pays, appelé à se protéger face à des attaques qui visent désormais aussi les activités productives vitales.